La norme NF C15-100 encadre en France depuis plus de 50 ans les installations électriques basse tension (entre 50 et 1000 Volts), dans l’objectif d’assurer la sécurité des personnes et des équipements. Pour s’adapter à l’évolution des logements, des bâtiments tertiaires ou industriels et de leurs usages et s’aligner sur la norme internationale IEC 60364, une nouvelle version est sortie en août 2024.
Entrée en vigueur le 1er septembre 2025, elle représente l’aboutissement de dix ans de travaux menés par l’Association française de normalisation (Afnor). Les évolutions par rapport à l’ancien texte, en vigueur depuis 2002, portent notamment sur les courants admissibles (modes de pose et facteurs de correction), les câbles et canalisations (protection et choix), les risques foudre et les bornes de recharge pour véhicules électriques. Xavier Ollier, formateur sur la nouvelle NF C15-100 pour BBS Conception, fait le point sur les éléments importants.
Date d’application
Si la nouvelle norme est entrée en vigueur le 1er septembre 2025, tous les bâtiments ne doivent pas être mis aux normes à cette date. Elle concerne uniquement les nouvelles constructions et les rénovations électriques complètes. La date à prendre en compte est celle de la date de dépôt de demande de permis de construire ou, à défaut, la date de déclaration préalable de construction ou, à défaut, la date de signature du marché ou, encore à défaut la date d’accusé de réception de commande.
Courant admissible : mode de pose
Le nombre de modes de pose (à l’intérieur d’un mur isolé, dans une plinthe, dans des menuiseries, dans une goulotte, etc.) évolue pour harmoniser la NF C15-100 avec la norme internationale IEC 60364 et gagner en précisions : de 41 schémas dans la version de 2002, on passe ainsi à 42 schémas et 9 variantes dans la version 2024.
Les noms de référence des modes de pose ont également tous changé. « Il s’agit d’un changement technique mais significatif car il modifie des références utilisées par les professionnels depuis longtemps », souligne Xavier Ollier.
Les tableaux associés à chaque mode de pose qui déterminent les valeurs d’intensité admissibles autorisées en fonction des sections de câbles, sont en complément modifiés. « Les valeurs d’intensité admissibles pour les câbles ont changé pour tous les modes de pose, avec un fort impact sur les notes de calculs », souligne Xavier Ollier.
Pour certains modes de pose (pose sous conduit, pose dans des vides de construction, pose dans des goulottes et pose dans des caniveaux), il devient en outre nécessaire de connaître le rapport entre le diamètre du câble ou du conduit et la taille du vide sanitaire pour pouvoir optimiser les sections. Enfin, si auparavant, pour tous les modes de pose, une tolérance de 5 % était autorisée en France dans le calcul de la valeur de l’intensité admissible des câbles, ce n’est plus le cas. Elle est désormais interdite dans la méthode de référence F, qui concerne les câbles à l’air libre, pour les monoconducteurs triphasés posés en nappe, et dans la méthode de référence D2, qui concerne les câbles enterrés directement dans le sol, pour les câbles monophasés et triphasés sur toutes les valeurs d’intensité admissible.
Il existe désormais certains modes de pose pour lesquels la tolérance de 5 % dans le calcul de la valeur de l’intensité admissible des câbles n’est plus autorisée.
Courant admissible : facteur de correction
Il existe des facteurs de correction modifiant la quantité de charges électriques qu’un câble est autorisé à transporter. Certains sont modifiés dans la nouvelle norme.
Pour la pose dans l’air :
- facteurs de correction en fonction de la température ambiante : pas de changements
- facteurs de correction pour les groupements de circuits : de légères modifications ont été introduites pour tous les modes de pose et des modifications plus importantes sont apportées pour les modes de pose 31, 32 et 34 pour lesquels deux nouveaux tableaux (52.13 et 52.14) sont disponibles.
- facteurs de correction pour la pose en couches : pas de changement.
Pour la pose enterrée :
- facteurs de correction en fonction de la température du sol : pas de changements
- facteurs de correction pour la résistivité thermique du sol (capacité du sol à retenir la chaleur) : le point de référence de la résistivité thermique du sol passe de 1 K.m/W à 2,5 K.m/W, ce qui constitue une évolution importante. « Bien qu’en France, cette valeur était fixée à 1 K.m/W par défaut, l’harmonisation avec l’IEC 60364 réduit l’intensité admissible des canalisations enterrées (méthodes de référence D1 et D2). Si les professionnels de l’électricité souhaitent retrouver à peu près leurs anciennes valeurs d’intensité, ils devront veiller à revenir à 1K.m/W. Les exigences de justification des bureaux de contrôle sur ce changement sont à ce jour inconnues », détaille Xavier Ollier.
- facteurs de correction pour les groupements de circuits : des changements importants sont apportés. S’il existait auparavant des facteurs de correction pour un maximum de 6 circuits ou conduits, jusqu’à 20 circuits et conduits peuvent désormais être pris en compte.
- symétrie des câbles : une nouvelle disposition symétrique en double nappe est possible.
Câbles et canalisation
De fortes évolutions sont à noter du côté du tableau de détermination du courant d’emploi du conducteur de neutre en fonction du taux de distorsion harmonique (THDI).
Ces courants parasites provoquent des distorsions qui éloignent le profil de l’onde de la référence sinusoïdale idéale. La présence de ce phénomène électrique a augmenté ces dernières années en raison de la mise en œuvre croissante de charges dites non linéaires (convertisseurs électroniques AC-DC et DC-AC).
Deux nouveaux seuils de TH3 ont été introduits dans la nouvelle norme : un TH3 entre 33 et 45 % et un TH3 supérieur à 45 %. En outre, l’utilisateur est désormais obligé de définir pour chacun de ses circuits son taux de TH3. Sinon, il doit assumer des contraintes de dimensionnement inexistantes auparavant (application du facteur de correction de TH3 et protection du neutre obligatoires).
Risque de foudre
Auparavant, la norme qui régissait le risque foudre était le guide C15-443. Il permettait une évaluation des risques – est-ce que oui ou non on doit installer des parafoudres – et orientait sur le choix du parafoudre et sa mise en œuvre pour tous les bâtiments et infrastructures.
Désormais, pour l’habitat, l’évaluation des risques, le choix du parafoudre et les orientations sur la mise en œuvre ont été transférés dans la norme NFC1500-10, avec peu de changements. Les autres bâtiments relèvent eux désormais de la NF C15-100-1 où figure une nouvelle méthode d’évaluation beaucoup plus contraignante. La mise en œuvre de parafoudre devient dorénavant presque incontournable.
Borne de recharge pour véhicules électriques (IRVE)
La NF C15-100-7-722 remplace le guide C15-722 et détaille désormais les règles particulières pour l’alimentation des véhicules électriques. Le dispositif DD-CDC de 6mA qui permet la coupure de la borne de recharge en cas de courant de fuite en aval est pris en compte par le logiciel Lise de BBS. Ce dispositif permet d’installer un DDR de type A ou de type F en amont de la borne vs le DDR de type B auparavant. Cette nouveauté permet d’augmenter le nombre de référence de dispositif de protection pour la sécurité des circuits IRVE.
Formation Dimensionnement électrique - Passage à la nouvelle C15-100
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